« L'IA-cécité » : quand le cerveau ignore les textes générés par IA
Original : I'm becoming AI-blind
Pourquoi c'est important
Ce témoignage illustre un effet de bord cognitif majeur de la prolifération des contenus générés par IA en entreprise.
Rafal Cymerys, développeur travaillant dans l'open source et l'IA, décrit un phénomène personnel : son cerveau refuse désormais d'analyser les documents présentant des traces d'IA, le forçant à relancer les auteurs sur des points déjà couverts. Il nomme ce biais cognitif « AI-blindness ».
Dans un billet publié en août 2026, Rafal Cymerys décrit avoir remarqué qu'il devient incapable de se concentrer sur certains documents professionnels. Après analyse, il constate que tous partagent un point commun : ils semblent générés par IA avec peu d'effort. Parmi les exemples cités : un document de design apparemment copié-collé depuis Claude, un deck marketing de 20 pages mélangeant stratégie raisonnable et jargon technique incohérent, ou encore un cahier des charges verbeux imitant le raisonnement interne d'un LLM. Cymerys affirme, contrairement à certaines recherches, que les humains peuvent reconnaître ces textes — notamment grâce à des schémas récurrents comme l'inflation stylistique (« présenter des cases à cocher RBAC comme une invention du feu »). Il compare ce phénomène au « banner blindness » publicitaire : exposé en continu à du contenu IA creux sur LinkedIn, les emails ou le web, son cerveau a appris à l'ignorer automatiquement. Il conclut sur une ironie : l'IA censée le rendre plus productif le ralentit désormais de façon inattendue. Il illustre sa vigilance retrouvée par une anecdote : en vacances sur la côte baltique, il remarque instinctivement une photo de quiche moisie affichée par un restaurant.