Flock:la surveillance IA des policiers dévoilée
Original : This Is Flock’s AI Search Tool for Cops
Pourquoi c'est important
L'IA de surveillance à grande échelle soulève des enjeux majeurs pour les libertés civiles et la réglementation policière.
WIRED a reconstitué l'outil de recherche IA de Flock Safety destiné aux forces de l'ordre, à partir du code envoyé aux navigateurs policiers. Le système permet une surveillance continue par caméras selon une description textuelle d'une personne, soulevant de graves questions sur les libertés civiles.
Flock Safety propose aux policiers un outil de recherche IA capable de surveiller en continu des zones entières via des réseaux de caméras, en identifiant des individus correspondant à une description écrite. WIRED a analysé le code source envoyé aux navigateurs des agents pour reconstituer une maquette de l'interface utilisée.
L'outil comprend une liste de surveillance automatisée : un officier délimite une zone géographique et lance une recherche permanente sur toutes les caméras incluses. La technologie va au-delà des simples plaques d'immatriculation, désormais au cœur de dizaines d'affaires de harcèlement policier.
Flock a connu une vague de critiques : des dizaines de villes ont annulé leurs contrats, deux membres du Congrès ont écrit au PDG Garrett Langley après qu'un shérif du Texas a consulté 83 000 caméras pour localiser une femme ayant avorté. L'Illinois a révélé que la société avait donné accès aux données à des agents fédéraux de l'immigration en violation du droit local.
En août, Flock a annoncé des réformes : réduction de la durée de conservation des données, codes obligatoires pour chaque recherche, audits automatisés. Mais selon WIRED, ces garde-fous découragent les abus sans les bloquer. Notamment, la catégorie « expression politique, sociale et culturelle » — la plus protégée par le Premier Amendement — ne déclenche qu'un avertissement, pas un arrêt de la recherche. Tom Bowman, du Center for Democracy and Technology, juge cette approche préoccupante.