Le comté qui refuse Palantir : Greater Manchester face au NHS

Original : The Single English County Saying No to Palantir

Pourquoi c'est important

Ce débat illustre la tension croissante en Europe entre souveraineté numérique et dépendance aux technologies américaines dans la santé publique.

Le gouvernement britannique dispose de six mois pour décider de résilier un contrat de plus de 400 millions de dollars entre le NHS et Palantir. Greater Manchester, qui a développé sa propre plateforme de données de santé, affirme ne pas avoir besoin du système américain.

En 2023, le gouvernement britannique a mandaté Palantir pour développer une « federated data platform » (FDP) destinée à centraliser et organiser les données de santé du National Health Service. Déployée début 2024, la plateforme comprend un pool national de données et des bases locales permettant aux régions de gérer listes d'attente, planification des sorties ou utilisation des blocs opératoires. Palantir et le NHS affirment que le système réduit déjà les temps d'attente et la durée des hospitalisations.

Mais le contrat est devenu un sujet de controverse au Royaume-Uni, alimenté par l'utilisation des technologies Palantir dans des contextes militaires et dans la politique d'immigration de l'administration Trump. Des protestations, pétitions et enquêtes parlementaires ont émergé, tandis que d'autres pays européens réévaluent leurs relations avec la société américaine.

Greater Manchester fait figure d'exception : son conseil de santé a refusé d'adopter le FDP, préférant une plateforme développée en interne depuis près d'une décennie. « Même une plateforme techniquement solide aura du mal à créer de la valeur si cliniciens, patients et grand public ne lui font pas confiance », déclare Matt Hennessey, directeur des données de NHS Greater Manchester, à WIRED. Le gouvernement devra se prononcer en février prochain sur une éventuelle résiliation anticipée du contrat, qui court jusqu'en 2031.

Source

wired.com — Lire l'original →