Al Gore : le vrai risque de l'IA, ce ne sont pas les data centers
Original : Al Gore says the real AI risk isn’t data centers
Pourquoi c'est important
La voix de Gore recentre le débat : le risque IA dépasse la question énergétique.
Lors du TechCrunch Disrupt 2026, Al Gore a affirmé que les émissions des data centers IA restent marginales comparées aux décharges ou à la climatisation mondiale. Selon lui, la résistance citoyenne traduit surtout une peur des pertes d'emplois et des alertes venues de l'intérieur d'OpenAI et Anthropic.
Interviewé cette semaine par TechCrunch aux côtés de Lila Preston, directrice de la croissance equity chez Generation Investment Management, l'ancien vice-président américain Al Gore a livré une analyse nuancée sur l'impact environnemental de l'IA. Pour lui, les émissions cumulées de tous les data centers IA ne représentent qu'une fraction de celles produites par les décharges non traitées dans le monde. Il rappelle qu'un autre secteur, bien moins scruté, pèse encore plus lourd : la climatisation. L'Agence internationale de l'énergie estime que les climatiseurs consomment déjà plus d'électricité par an que l'ensemble de l'Union européenne, et cette demande devrait tripler d'ici 2050.
Gore s'inquiète néanmoins que certains hyperscalers se tournent vers de nouvelles turbines à méthane : « C'est une source de grande préoccupation, » dit-il, non pas tant pour la charge de travail IA que parce que ces infrastructures fossilisent des décennies de production au gaz. Il préfère les entreprises qui misent sur les renouvelables et les batteries, qu'il juge inexorablement plus compétitives en coût.
Sur l'opposition croissante aux data centers, Gore avance une lecture politique : cette résistance bipartisane reflète avant tout les craintes de destructions d'emplois et les avertissements lancés par des experts au sein même d'OpenAI et d'Anthropic — pas seulement des préoccupations carbone.