Une nouvelle attaque casse RSA sans factorisation

Original : There's a new way to break RSA that's faster than anything we've seen before

Pourquoi c'est important

Redéfinit les hypothèses de sécurité de RSA sans attendre l'informatique quantique.

Des chercheurs ont mis au point une méthode classique pour briser RSA sans factoriser ses clés. Les clés 1024 bits sont désormais pratiquement vulnérables, et les niveaux de sécurité des clés 2048 et 4096 bits chutent sous les seuils requis par la NSA et le NIST.

Une équipe de chercheurs, dont Nadia Heninger, professeure à l'Université de Californie à San Diego, a publié une attaque inédite contre le cryptosystème RSA — baptisée « signature forgery » — qui contourne l'étape de factorisation jusqu'ici considérée comme obligatoire pour compromettre une clé. Jusqu'à présent, le consensus dans la communauté cryptographique était clair : casser RSA impliquait nécessairement de factoriser de grands entiers, un calcul hors de portée pour la majorité des acteurs. Ce postulat ne tient plus.

L'attaque a été réalisée en quelques mois sur un cluster CPU académique pour des clés 1024 bits — bien moins coûteux que les dizaines de millions de dollars estimés pour la factorisation équivalente. Pour les clés 2048 et 4096 bits, la méthode ramène les niveaux de sécurité respectivement à 2⁹⁰ et 2¹¹⁹, en dessous du seuil minimal de 2¹²⁸ imposé par la NSA, le NIST et l'ENISA. Les chercheurs n'ont utilisé ni GPU ni IA : ces outils réduiraient « presque certainement » encore davantage ces niveaux. Restriction importante : l'attaque ne fonctionne que contre les implémentations RSA à « blind signatures ». La grande majorité des déploiements actuels, qui utilisent le padding PKCS ou PSS, restent protégés. Karsten Nohl, expert en cryptographie chez Allurity, qualifie le résultat de « percée conceptuelle » si les pairs le confirment.

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arstechnica.com — Lire l'original →