Le fingerprinting remplace les cookies
Original : Fingerprints are the new cookies
Pourquoi c'est important
Le fingerprinting échappe aux réglementations conçues pour les cookies, rendant le consentement obsolète.
Sans cookies tiers, les sites web adoptent le fingerprinting pour identifier les utilisateurs via leur navigateur, OS et IP. Google a officialisé cette pratique dans ses outils publicitaires après avoir abandonné son projet Privacy Sandbox.
L'article de Roy Fish illustre concrètement comment le fingerprinting fonctionne : dès qu'un utilisateur visite un site, son navigateur transmet des dizaines de paramètres — langue, OS, type de navigateur, adresse IP, résolution d'écran — qui combinés forment une empreinte quasi-unique. Contrairement aux cookies, vider le cache ou activer le mode incognito ne change rien. L'identifiant persiste.
L'auteur retrace l'histoire récente en trois actes. En 2019, sous pression réglementaire et concurrentielle (Safari et Firefox bloquaient déjà les cookies tiers), Google promet de les supprimer d'ici 2022. Cinq ans de développement du projet Privacy Sandbox plus tard — critiqué par les régulateurs pour risques anticoncurrentiels et boudé par l'industrie — Google abandonne et annonce le maintien des cookies tiers... tout en ouvrant officiellement le fingerprinting à ses produits publicitaires.
L'enjeu dépasse la publicité ciblée. Les données agrégées de millions d'utilisateurs dessinent des patterns comportementaux à l'échelle sociétale — « le crystal ball du XXIe siècle », écrit l'auteur — vendus au plus offrant, y compris, selon lui, aux autorités gouvernementales. Chrome et Edge n'étendent pas leur définition de la vie privée au-delà de l'isolation entre sites. Safari (notamment iOS/macOS 26+) et Firefox vont plus loin en limitant les surfaces d'exposition au fingerprinting.